Arbre décisionnel principal
Douleur sans inflammation ; hyperlaxité

Points clés
- Score de Beighton : 4 manœuvres bilatérales (8 points) plus paumes à plat sur le sol genoux tendus (1 point).
- Les enfants ≥5 ans pas encore biologiquement matures doivent avoir un score de Beighton ≥6/9 pour une hyperlaxité généralisée.
- Ne pas diagnostiquer un SEDh chez un enfant prépubère ; utiliser le terme d'hyperlaxité articulaire généralisée pédiatrique.
- Le SEDh est un diagnostic clinique, de transmission autosomique dominante, sans gène connu ; le SED vasculaire (COL3A1) expose à des ruptures artérielles, digestives et utérines.
- Douleur liée à l'hyperlaxité : kinésithérapie pour la force, la stabilité articulaire et la proprioception ; pas d'opioïdes ni de corticoïdes oraux.
- Fibromyalgie juvénile et SDRC : TCC et activité progressive ; les AINS apportent peu et l'immobilisation aggrave le SDRC.
- EM/SFC : fatigue, malaise post-effort et sommeil non réparateur, plus troubles cognitifs ou intolérance orthostatique.
L'enfant est-il hyperlaxe ? Le score de Beighton
Partez d'une douleur chronique avec un bilan inflammatoire normal. Demandez-vous ensuite si les articulations sont anormalement souples. Le score de Beighton est l'examen de référence au lit du patient.
- Enfant ≥5 ans, non biologiquement mature : ≥6/9 = hyperlaxité articulaire généralisée (cadre pédiatrique 2023).
- Après la puberté et jusqu'à 50 ans : ≥5/9 (critères SEDh 2017).
| Manœuvre | Points |
|---|---|
| Le pouce se replie jusqu'à toucher l'avant-bras | 1 de chaque côté |
| L'auriculaire se replie en arrière au-delà de 90° | 1 de chaque côté |
| Hyperextension du coude de plus de 10° | 1 de chaque côté |
| Hyperextension du genou de plus de 10° | 1 de chaque côté |
| Paumes à plat sur le sol genoux tendus | 1 |
Hyperlaxité douloureuse

Les enfants hyperlaxes ont souvent des subluxations récidivantes, des douleurs de genou à l'effort et des entorses de cheville. Le traitement est actif, pas passif.
- La kinésithérapie est le traitement de première intention : renforcement musculaire, stabilisation articulaire et proprioception.
- Garder l'enfant actif, scolarisé et sportif, en dosant l'effort.
- Douleur qui s'aggrave malgré une kinésithérapie bien conduite : orienter vers un programme pluridisciplinaire de la douleur.
- Éviter les opioïdes et les corticoïdes oraux : ils ne soulagent pas cette douleur et sont nocifs.
Syndromes d'Ehlers–Danlos

Une hyperlaxité associée à des signes cutanés, familiaux ou d'autres organes fait évoquer un syndrome d'Ehlers–Danlos (SED).
- SED hypermobile (SEDh) : diagnostiqué par les critères cliniques de 2017 ; pas de test génétique de confirmation ; transmission autosomique dominante.
- Signes cutanés évocateurs : peau douce, légèrement extensible, cicatrices atrophiques, vergetures et papules piézogéniques (petites hernies graisseuses molles au talon en position debout).
- Le SEDh est réservé aux adolescents biologiquement matures. Un enfant prépubère avec ces signes est classé hyperlaxité articulaire généralisée pédiatrique ou trouble du spectre de l'hyperlaxité pédiatrique.
- SED vasculaire (COL3A1) : peau fine et translucide, ecchymoses faciles et risque de rupture artérielle, intestinale ou utérine ; confirmation par test génétique.
Prise en charge d'un adolescent atteint de SEDh

- Dépister l'anxiété et la dépression, qui sont fréquentes.
- Kinésithérapie en premier ; éviter les opioïdes et les corticoïdes oraux pour la douleur chronique.
- Douleur qui s'aggrave malgré la kinésithérapie : programme pluridisciplinaire de la douleur (kinésithérapie, TCC, aménagement scolaire).
Fibromyalgie juvénile et douleur amplifiée

Un adolescent avec une douleur diffuse depuis 3 mois ou plus, une fatigue, un sommeil de mauvaise qualité et non réparateur et un absentéisme scolaire, mais sans arthrite et avec un bilan normal, correspond à une fibromyalgie juvénile ou à une douleur musculosquelettique amplifiée diffuse. Elle n'abîme pas les articulations.
Les critères ACR 2016 de l'adulte utilisent un index de douleur diffuse et un score de sévérité des symptômes ; le comptage des points douloureux n'est plus utilisé.
- La TCC est le traitement psychologique le mieux étayé.
- Exercice aérobie régulier, routine de sommeil, réduction du stress et désensibilisation.
- Les AINS apportent peu ; éviter les opioïdes.
Syndrome douloureux régional complexe

Le SDRC touche habituellement un seul membre, souvent quelques semaines après un traumatisme mineur comme une entorse. Le membre est très sensible, œdématié et froid ou marbré, et l'enfant le protège. Le bilan biologique est normal. Le diagnostic repose sur les critères cliniques de Budapest.
- Allodynie : douleur provoquée par un stimulus normalement indolore, comme un effleurement ou une chaussette.
- Modifications de couleur et de température, œdème, modification de la sudation et non-utilisation du membre.
- Première intention : kinésithérapie intensive (continuer à bouger, désensibiliser) associée à une TCC.
- Éviter l'immobilisation, les plâtres et les opioïdes.
EM/SFC ou fibromyalgie ?

Éliminez d'abord les autres causes par un bilan de base (NFS, VS ou CRP, TSH, sérologie de la maladie cœliaque, ferritine) et dépistez une dépression. Demandez-vous ensuite : est-ce pire après l'effort, la douleur est-elle diffuse, ou les articulations sont-elles très souples ?
- EM/SFC (IOM 2015) : réduction importante des activités avec fatigue, malaise post-effort et sommeil non réparateur, plus troubles cognitifs ou intolérance orthostatique.
- Prise en charge : gestion de l'énergie (fractionnement des activités), traitement de l'intolérance orthostatique par apports hydriques, sel et contention, et aménagement scolaire souple.
- Ne pas utiliser de programmes d'exercice gradué fixes et croissants dans l'EM/SFC ; le malaise post-effort est le signe central.
Questions fréquentes
Quel score de Beighton définit l'hyperlaxité chez l'enfant ?
Chez un enfant de 5 ans ou plus pas encore biologiquement mature, un score de 6 ou plus sur 9. Après la puberté, le seuil est de 5 sur 9.
Peut-on diagnostiquer un syndrome d'Ehlers–Danlos hypermobile chez un jeune enfant ?
Pas avant la maturité biologique. Un enfant prépubère avec des signes évocateurs de SEDh est classé hyperlaxité articulaire généralisée pédiatrique ou trouble du spectre de l'hyperlaxité pédiatrique, puis réévalué plus tard.
Les AINS sont-ils utiles dans la fibromyalgie juvénile ?
Peu. La TCC, l'exercice régulier, la routine de sommeil et la réduction du stress sont les traitements principaux.
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Sources
- Hyperlaxité articulaire pédiatrique : cadre diagnostique et revue narrative (Orphanet J Rare Dis 2023)
- Classification internationale 2017 des syndromes d'Ehlers–Danlos (Am J Med Genet C)
- Institute of Medicine 2015 : Beyond myalgic encephalomyelitis/chronic fatigue syndrome
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