Arbre décisionnel principal
Diarrhée bactérienne et intoxication alimentaire

Points clés
- Diarrhée sanglante après de la volaille mal cuite : Campylobacter ; azithromycine si un traitement est nécessaire.
- STEC O157:H7 (viande hachée de bœuf mal cuite) → SHU : anémie hémolytique avec schizocytes, thrombopénie et insuffisance rénale aiguë ; éviter les antibiotiques.
- Salmonella non typhique chez un enfant sain : pas d'antibiotiques. Traiter les nourrissons de moins de 3 mois, la drépanocytose et l'immunodépression.
- Toxines préformées : S. aureus (2–4 h après du jambon ou une salade de pommes de terre) et B. cereus (1–6 h après du riz réchauffé) causent des vomissements sans fièvre ; pas d'antibiotiques.
- Norovirus : tous âges, vomissements brutaux lors d'épidémies, incubation d'environ 12–48 h ; première cause de gastro-entérite virale aux États-Unis.
- Ne pas rechercher C. difficile avant 12 mois : les nourrissons sont souvent colonisés.
- C. difficile : vancomycine orale 10 mg/kg (max 125 mg) 4 fois par jour pendant 10 jours ; pas de contrôle de guérison ; eau et savon pour l'hygiène des mains.
Diarrhée sanglante : Campylobacter, Shigella et STEC
L'arbre classe les diarrhées bactériennes selon leur indice principal. La case surlignée est celle à ne pas manquer : E. coli producteur de shigatoxine (STEC), le plus souvent O157:H7, transmis par la viande hachée de bœuf mal cuite, le lait cru ou les végétaux crus. Quelques jours après la diarrhée sanglante, jusqu'à environ 15% des jeunes enfants infectés par O157 développent un syndrome hémolytique et urémique : pâleur, thrombopénie, schizocytes et insuffisance rénale aiguë.
Ne pas donner d'antibiotiques ni d'antidiarrhéiques ralentisseurs du transit en cas de STEC suspecté ; ils peuvent augmenter le risque de SHU. Donner des liquides IV et surveiller la numération et la créatinine.
- Campylobacter jejuni : volaille mal cuite ; diarrhée sanglante et fièvre élevée ; associé au syndrome de Guillain-Barré. Azithromycine si un traitement est nécessaire.
- Shigella : épidémies en collectivité d'enfants, dysenterie avec fièvre élevée ; peut déclencher une convulsion. Traiter par azithromycine (ceftriaxone si forme sévère).
- Pertes vaginales sanglantes chez une fille prépubère, parfois après une diarrhée : penser à Shigella (souvent S. flexneri) ; traiter par azithromycine ou ceftriaxone.
Salmonella non typhique

Les sources sont la volaille, les œufs et les reptiles ou amphibiens (tortues, iguanes, grenouilles). La gastro-entérite à Salmonella non compliquée chez un enfant sain ne nécessite qu'un traitement symptomatique : les antibiotiques ne raccourcissent pas la maladie et prolongent le portage.
Traiter les enfants à risque de bactériémie et d'infection focale : nourrissons de moins de 3 mois (même en bon état général, après recherche de bactériémie), drépanocytose ou autre hémoglobinopathie, et immunodépression. La drépanocytose augmente aussi le risque d'ostéomyélite à Salmonella.
Intoxication alimentaire, voyage et eau

| Indice | Germe | Point clé |
|---|---|---|
| Vomissements 1–6 h après du riz réchauffé ou mal conservé | Toxine émétique de Bacillus cereus | Toxine préformée ; liquides seulement |
| Un groupe vomit 2–4 h après du jambon, une salade aux œufs ou de pommes de terre, sans fièvre | Entérotoxine de Staphylococcus aureus | Toxine préformée ; pas d'antibiotiques |
| Fièvre et diarrhée aqueuse après un fromage à pâte molle au lait cru | Listeria monocytogenes | Gastro-entérite fébrile spontanément résolutive chez le sujet sain |
| Porc ou andouillettes, diarrhée et douleur de la fosse iliaque droite | Yersinia enterocolitica | L'adénite mésentérique simule une appendicite ; la surcharge en fer augmente le risque de sepsis |
| Voyageur, diarrhée aqueuse non sanglante brutale, sans fièvre | E. coli entérotoxinogène (ETEC) | Liquides ; la plupart des cas guérissent en quelques jours |
| Famille emménageant dans une maison avec un puits privé | E. coli | Analyser l'eau du puits pour les bactéries chaque année |
Parasites

- Giardia duodenalis (G. lamblia) : eau non traitée, camping, collectivité d'enfants ; selles grasses et nauséabondes, ballonnements et gaz. Diagnostic par antigène ou PCR dans les selles.
- Cryptosporidium : épidémies liées aux eaux de loisirs ; diarrhée aqueuse prolongée ; oocystes acido-résistants dans les selles. Tenir les enfants éloignés des piscines jusqu'à 2 semaines après l'arrêt de la diarrhée (le chlore ne le tue pas rapidement).
- Oxyurose : prurit anal nocturne ; test au ruban adhésif dès le réveil, avant la toilette ou le passage aux toilettes.
- Blastocystis : souvent retrouvé dans les selles et souvent inoffensif ; chercher une autre cause avant de l'incriminer.
C. difficile : diagnostic et traitement

Suspecter C. difficile devant fièvre, crampes, diarrhée aqueuse et hyperleucocytose après des antibiotiques ; la clindamycine comporte le risque le plus élevé, suivie des céphalosporines, des fluoroquinolones et des pénicillines à large spectre. Ne tester que les enfants de 12 mois ou plus ayant 3 selles non moulées ou plus en 24 heures : les nourrissons sont souvent colonisés sans maladie.
- Premier épisode non fulminant : vancomycine orale 10 mg/kg par dose (max 125 mg) 4 fois par jour pendant 10 jours. Le métronidazole reste une option pour les formes légères chez l'enfant ; la fidaxomicine est une alternative.
- La vancomycine IV n'atteint pas le côlon et ne traite pas C. difficile.
- Première récidive : vancomycine orale (cure standard, ou schéma dégressif puis pulsé si la vancomycine a été utilisée en premier) ou fidaxomicine.
- Récidives multiples : transplantation de microbiote fécal.
- Arrêter l'antibiotique en cause si possible.
C. difficile : prévention de la transmission et suivi

- Précautions contact : surblouse et gants pour tous les soins.
- Se laver les mains à l'eau et au savon pendant les épidémies : l'alcool ne tue pas les spores.
- Faire l'hygiène des mains même après avoir retiré les gants.
- Bionettoyage final de la chambre avec un agent sporicide, comme un désinfectant à base d'eau de Javel.
- Pas de contrôle de guérison : une fois les selles moulées, ne pas répéter l'examen des selles, car la toxine et les spores peuvent persister.
Questions fréquentes
Les enfants avec une diarrhée à Salmonella doivent-ils recevoir des antibiotiques ?
En général non. Ne traiter que les nourrissons de moins de 3 mois et les enfants atteints de drépanocytose, d'une autre hémoglobinopathie ou d'immunodépression.
Pourquoi éviter les antibiotiques en cas d'E. coli O157:H7 ?
Ils n'aident pas et peuvent augmenter le risque de syndrome hémolytique et urémique.
Faut-il rechercher C. difficile chez le nourrisson ?
Non. Les enfants de moins de 12 mois sont souvent porteurs de C. difficile et de sa toxine sans maladie.
Le gel hydroalcoolique tue-t-il C. difficile ?
Non. L'alcool ne tue pas ses spores ; se laver les mains à l'eau et au savon.
Étudier ce sujet
Sources
- IDSA 2017 : diagnostic et prise en charge de la diarrhée infectieuse
- IDSA/SHEA 2017 : infection à C. difficile chez l'adulte et l'enfant
- AAP Red Book Online
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